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22 décembre 2016 4 22 /12 /décembre /2016 21:04
Le Grand Menestrail
Le Grand Menestrail

Le Grand Menestrail

(425 ème course)

54 Km avec 2000m de D+

Départ : 5h45 pour les filles et  6h15 pour les hommes.

Le Grand Menestrail, un passeport pour l’ultra, fait rêver : on en garde des images inoubliables comme le départ aux aurores à la frontale ou le lever de soleil sur les Monts du Méné. La nature est omniprésente. Il fait peur aussi et le dénivelé impressionne. Sur le GMT, il faudra enchaîner une quarantaine de raidillons pour atteindre 2000 m de D+ vous obligeant à relancer sans arrêt. 54 km de tôle ondulée où les parties plates de récupération sont rares, où les descentes sont infernales et où il faut en garder sous la semelle jusqu’au bout. Le tracé est en monotraces : tantôt en fonds de vallées ou en remontées de rivières, en paysages de landes et en passages rocheux techniques. Une totale immersion en pleine nature et une épopée verte.

Le Grand Menestrail
Le Grand Menestrail

Le Ouest Trail Tour, le challenge des trails longs en Bretagne, regroupe sans aucun doute les 7 plus beaux trails bretons.
Tous ont en commun, des tracés techniques, racés, dans des sites remarquables, en bord de mer pour Le Glazig et Le bout du Monde, en Bretagne intérieure pour Guerlédan, Brocéliande, Le Scorff et Le Menestrail et mixte pour l’Aber Wrac’h.

 Le briefing d'avant course a lieu dans la salle et pour ma troisième participation consécutive je reconnais pas mal de têtes, pour la plupart des habitués du challenge OTT.

Le Grand Menestrail
Le Grand Menestrail

Aujourd'hui ça se passe à Moncontour, charmante cité médiévale des Côtes-d’Armor, dont la population varie de 900 âmes en temps de paix à plusieurs milliers pour ce week-end de décembre. Ce qui rassemble ces hurluberlus, ce sont des courses pour enfants "les mini-trails", et des courses pour grands enfants, étalées sur deux jours. C'est ma troisième participation au Grаnd Mеnеstrаіl, avec toujours cette même еxcіtаtіоn. Son départ nоcturnе,  2h à 2h30 dе frоntаlе, un іmpоsаnt dénіvеlé, cе trаіl еst très еxіgеаnt, tоut еn rеlаncеs, аvеc unе succеssіоn dе rаіdіllоns, de dеscеntеs аbruptеs, un cіrcuіt cаssаnt quе cеrtаіns cоurеurs quаlіfіent dе supеr crоss, d'аutrеs d'еnfеr.

Le Grand Menestrail
Le Grand Menestrail

Le Menestrail, c’est un peloton de 600 coureurs intrépides, et inconscients  qui se lance à 06h15 ventre à terre dans les ruelles étroites d'un petit village médiéval. Dès les premiers hectomètres, le ton est donné, et les premières rampes pavées à gravir de Moncontour affichent la couleur, avec des pourcentages à faire mettre pied à terre un Christopher Froome. Je suis parti cool mais j’essaye de doubler le maximum de monde avant de rentrer dans la première portion de bois, car je sais que je vais être bloqué un moment si je reste derrière. Après l'excitation de la première demi-heure de course, on entre dans la forêt... Je connais bien toute cette partie et décide de gérer mon propre tempo.  Je remonte tout doucement des coureurs mais je montre de petites lacunes dans les descentes techniques nocturnes. Chose qui est un de mes points forts d'habitude se révèle un handicap et une perte de temps. Appréhension, froid certainement les deux...  Vient le temps de la difficulté, un lent et long dénivelé qui mène sur les hauteurs du mont Bel Air (322m). A chacun sa montée, à chacun son style, je ferai toute la montée dans la foulée d'un grand gaillard, je ne suis pas sûr que l'on ait souvent dépassé le 10 km/h.... C'est au sommet où le parcours revêt une toute autre physionomie que je passerai devant. Plus aucun arbre et un vent glacial sur Notre Dame du Mont Carmel, je n'ai toujours pas réussi à me réchauffer. Un bref passage dans la chapelle avant la bascule.

12 ème kilo en 1 h 22'

Le Grand Menestrail
Le Grand Menestrail

Objectif maintenant rejoindre la première barrière horaire au km 22,5 avant 9 h 45. Les longs trails ont cette particularité d'être un enchaînement de phase On/Off, où l'on doit faire face à de grands moments de solitude physique enchaînée à des phases d'euphorie certes temporaires mais toujours très agréables et qui vous font oublier la détresse des moments passés...7h30, il fait toujours nuit, tout va bien. La portion qui suit est assez rapide. Il s’agit de redescendre vers le point de départ. J’avance en terrain relativement connu. La descente est annoncée comme difficile mais se fait assez facilement. Ca continue de bien rouler. Le jour se lève et un léger brouillard est présent, le panorama partiellement absent me laisse dans des pensées négatives. L'air en revanche est de plus en plus froid avec la levée du jour. Malgré ce petit tracas, la course est magnifique, la beauté de la campagne laisse sans voix. Assister au réveil de la nature au fil des heures est une expérience vraiment indescriptible. L'enchaînement des passages techniques, mêlé à ma bonne forme physique me permettent de me rapprocher du  1 er ravitaillement, je me vois déjà une boisson chaude à la main. Un premier passage dans la traditionnelle mare de boue, je suis accueilli par les encouragements de nombreux spectateurs. Un demi tour de stade et je pénètre dans la salle de sport. Rapidement un coup d'oeil à ma montre : 09h05' super....

Le Grand Menestrail
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Le premier ravito, seulement du froid, et moi qui m'attendais à boire un bon thé brûlant, dommage. Je fais donc une très courte pause afin de rester dans mon élan, j'ai les jambes, aucune douleur pourvu que cela dure.  23 km au compteur, c'est la mi course, je lève le pied, la route est encore longue. Le plan est simple rejoindre la barrière horaire n°2 de Fetabry à Hénon avant 11h30'. Cette partie est difficile puisqu'elle concentre pas mal de dénivelé. Après avoir traversé le bourg, on retrouve le même type de terrain et le même type de difficultés, mais en pire, plus de boue, plus d'eau et en plus brrrrrr il fait toujours aussi froid. De cette seconde partie j'ai conservé le souvenir d'un chemin creux qui s'était transformé en petit torrent. Il faut le remonter jusqu'en haut. Des arbres sont couchés au milieu des chemins, il faut les franchir. Le parcours est exigeant et alterne des zones mono traces peu courables avec de larges voies à fort dénivelé. J’y prends vraiment du plaisir et ce long périple me procure un état de bien-être incroyable. Je suis au milieu des champs, sur des chemins de campagne c'est loin d’être le plus intéressant sur ce trail, mais le plus pratique pour s'alimenter et récupérer.

Le Grand Menestrail
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10h23,  plus d'un heure d'avance à la 2 ème barrière....c'est cool. Km 34, le second "ravito", j'aperçois alors quelques connaissances du challenge OTT, qui d'habitude sont devant moi. Je me dis alors que je suis dans une bonne dynamique pour les talonner ainsi. Une soupe chaude, quelques lichouseries, un verre de cola, et c'est reparti ... me surprenant alors de m'arrêter si peu, moi qui aime bien discuter au ravitaillement, et bien ce sera au prochain, j'ai envie de courir. Envie ou besoin, je ne sais plus vraiment, mais je suis bien. La portion 35-45 est la plus difficile du parcours, très technique, boue, beaucoup de cours d'eau à remonter, des arbres en travers des chemins et du dénivelé. 

Le Grand Menestrail
Le Grand Menestrail

C'est très usant et c'est une portion où il faudra  marcher le moins possible, je suis seul, pas perturbé par ces difficultés. Je manque de tomber de nombreuses fois, par endroit mes chaussures ne trouvent plus d'accroche dans cette mélasse de boue. Ce tronçon est très difficile, c'est dur et je me pose la question "c'est moi  qui est en difficulté ou c'est le relief  qui est vraiment difficile?. Je me remonte le moral en pensant à l'année dernière, où, bien que je marchais j'étais revenu sur quelques gars devant. Après cette joyeuse péripétie, je retrouve un bon rythme et je double plusieurs personnes. Ma montre m'a lâchée, plus de gps, moyenne et temps de course reste à l'affiche ça me suffit. J’avoue que sur les sorties longues la batterie n'est plus au top. Je continue dans une partie boisée assez plate au feeling. Le dernier pointage n'est plus très loin.

Le Grand Menestrail
Le Grand Menestrail

Km 44, le dernier ravito, on me propose une boisson chaude qui me fait du bien. Quelques "Tucs" une deuxième boisson chaude, nous sommes chouchoutés au ravito. Je serais bien resté un peu              plus mais j'ai encore 9 kilomètres à faire. C'est reparti.          2 compagnons de route m'accompagnent, mais ils n’arriveront pas à me suivre bien longtemps. A ce moment j'étais sur la base de 6h50, mais tout va changer. Le parcours devient plus cassant, je redécouvre le long monotrace dans le bois, tout est en relance et heureusement que j'ai économisé quelques forces. Je vais d'ailleurs doubler des coureurs mal en point quelques kms plus loin dans une montée. L'aventure continue, j'aperçois au loin Moncontour. Il m'est difficile de prendre un rythme plus rapide, les chemins sont toujours étroits, pas possible de doubler. Au final ça n'est pas plus mal, ça oblige à continuer doucement. Après avoir descendu une centaine de mètres de dénivelé et être passé sous le fameux tunnel presqu' à 4 pattes, mon état de fatigue me faisait sacrément perdre en lucidité.

Le Grand Menestrail
Le Grand Menestrail

Km 51, l'inévitable chute, et oui, la fatigue est là. Rien de grave, je me sens obligé de marcher pendant une centaine de mètres, je rage, j'ai les jambes, j'ai envie de courir mais je ne lève plus assez les pieds. Le profil s'adoucit, ce qui me permet de relancer la machine jusqu'au pied de la cité médiévale, bien décidé cette année de gravir la rude montée de Moncontour en courant. Que nenni, je suis obligé de faire la moitié en marche rapide, mais cette fois je double plusieurs trailers. Un deuxième passage dans la flaque de boue, le demi tour de stade et c'est l'arrivée en 7h09mn, pour finir 4 ème V3 ... quelle course !

Le Grand Menestrail
Le Grand Menestrail

Au final, après 7h 10' de montées, de descentes, de remontées, etc… je franchis fièrement l'arche d’arrivée. Pas de crampes, pas de douleurs anormales, enfin presque, après plus de 50 bornes ça pique de toute façon un peu. J'éprouve une immense fierté de n’avoir rien lâché.

Le Grand Menestrail
Le Grand Menestrail

Et voilà, pour le dernier grand trail de l’année, c’était du lourd. Froid, de la boue et encore de la boue et du soleil dans le final. Ce trail mérite bien sa réputation, bon, en vitesse, j’étais un peu limite au 51 ème km, il m’a manqué un peu de condition pour relancer. Je ne finis pas dans le dur, je me suis fait plaisir. Je terminerai par un grand merci à l’organisation et aux bénévoles qui pour certains sont restés en plein froid pour assurer notre sécurité et nous encourager.

Le point négatif, un manque de photos.............

Le Grand Menestrail
Le Grand Menestrail

Afficher l'image d'origine ésultats officiels :

Temps: 07h09'53"

376 ème sur 471

4ème M3h

Moyenne 07,74 km/h

soit 7'6" au kilo

Un tee shirt en cadeau

Le Grand Menestrail

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Merci d'être venu passer un moment avec moi et à la semaine prochaine pour la  « Corrida de Quimper »

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Dominique DEBOEVRE Deboevre-court.over-blog.com - dans Courses 2016
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commentaires

Serge 23/12/2016 12:56

Dis-moi Monsieur le "grand trailer" du Ménestrail, tu n'aurais pas un "tout petit" Ménestrail pour moi.
54 bornes à pied, c'est pas pour moi. Un petit "10 bornes" (en duo), ça me conviendrait bien !
Bravo champion et bonne récupération. Serge

Yves Marie 23/12/2016 10:05

Bravo Dominique.

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